Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 11:34

 

 

Sources diplomatiques concernant la première

maison seigneuriale de Montcornet

(XII°-XIII° s.)

 

 

 

Je propose ici un inventaire de tous les actes juridiques connus concernant la famille des Montcornet. Chaque acte est accompagné de sa référence archivistique (en rouge) et de l'ouvrage où il a été déjà publié.

 

 

  • 1135 : Charte-notice de l'archevêque de Reims Renaud de Martigné à l'abbaye de Signy. Mention de Guillaume de Montcornet

    > Archives départementales des Ardennes, H 203, cartulaire de l'abbaye N.D. de Signy (XIII°s.),acte XXI

    >> F. CANUT, « Le Cartulaire de l'abbaye de Signy ... » volume 1, pièce 30

 

  • [1144-1167] : Attestation par Jean Ier de Waha, abbé de Saint-Hubert, de plusieurs donations faites au prieuré se saint-Thibaut de Château-Portien, dont celle de Guy dit Patard (sans doute Guy de Séry) ; Guillaume de Montcornet est l'un de ses témoins.

    >> G. KURTH, « Chartes de l'abbaye de S. Hubert ... » tome 1, acte LXXXIX

 

  • 1155/56 : Charte-notice de l'archevêque de Reims Samson de Mauvoisin à l'abbaye de Signy. Pierre de Montcornet est témoin du donateur Guy de Séry.

    > AdA H 203, fol 30v°

    >> F. CANUT, volume 1, pièce 40

 

  • 1158-1159 : Charte-notice de l'archevêque de Reims Samson à l'abbaye de Signy au sujet de plusieurs donations et accords. Mention de Pierre de Montcornet. Ce dernier à concédé au monastère, avec l'approbation de ses frères, la faînée et la glandée dans ses bois et les aisances sur ses terres, ainsi que la libre navigation par Deville et l'extraction d'aroises à Rimogne en compagnie de ses frères, de Barthélémy de Bosmont et de son fils, de Gobert d'Hardoncelle et son neveu Gérard

    > AdA H 203, acte XXXIV

    >> F. CANUT, volume 1, p.217-219 (non transcrit)

 

  • [1162-1189] : Charte du comte Louis III de Chiny qui promet de ne pas inquiéter l'abbaye de Signy dans le cas où son fief de Chappes serait mal desservi par le feudataire. Pierre de Montcornet est cité comme témoin.

    > AdA H 212 (original, latin)

    >> G. ROBERT, « Documents relatifs au comté de Porcien ... », pièce 242

  • 1163 (9 février) : Bulle du pape Alexandre III confirmant les possessions et droits de l'abbaye de Signy, en particulier la concession par Guillaume de Montcornet et son fils Pierre du libre passage et des aisances sur toutes leurs terres.

    > AdA H 203, acte II

>> F. CANUT, volume 1, pièce 2 (non transcrit)

 

  • [1163-1165] : Charte-notice de l'archevêque de Reims Henri à l'abbaye de Signy qui confirme plusieurs donations et accords. Pierre de Montcornet est cité comme témoin du donateur Ponsard de Château.

    > AdA H 203, acte XXXV

    >> F. CANUT, volume 1, pièce 44 (non transcrit)

 

  • 1169 (8 février) : Bulle du pape Alexandre III confirmant les possessions et droits de l'abbaye de Saint-Nicaise de Reims, en particulier la concession par Pierre de Montcornet au prieuré de Ham, le jour de sa dédicace, d'une forêt, de toute la ville de Ham avec l'église, le moulin, les droits de ban et de justice, les serfs et serves, les prés, ettres et bois et la libre sortie de cette ville.

    > B.M. de Reims, ms. 1843, cartulaire de l'abbaye de Saint-Nicaise de Reims, acte XLIII

    >> Dom MARLOT, « Metropolis Remensis historia ... » , tome II, livre III, p.397-398.

 

  • 1172 : Octroi aux habitants de Château-Porcien d'une charte de franchises par le comte Geoffroy Ier de Portien . Pierre de Montcornet est cité comme témoin.

    >> G. ROBERT, pièce 6

 

  • vers 1172 : Pierre de Montcornet et Hugues de Montcornet sont cités comme vassaux du comte de Champagne à cause du château de Fismes .

    >> A. LONGNON, « Livre des vassaux ... », 1ère partie, article 1448

 

  • vers 1172 : Pierre de Deville doit deux mois de garde au comte de Champagne à cause du château de Meaux

    >> A. LONGNON, « Documents relatifs au comté de Champagne ... », tome I, Les Fiefs, Feoda Campanie , 1ère partie, article 1068.

 

  • 1176 : Charte-notice de Pierre, abbé d'Igny, et de Gérard, abbé de Signy, attestant de l'abandon par Pierre de Montcornet à l'église des Mares et à celle de Laval-Dieu du tiers qu'il prétendait avoir sur la donation du comte Witier de Rethel à cette dernière.

    > AdA, H 493, cartulaire de l'abbaye de Laval-Dieu (XVI°s.) , acte III

 

  • [1185-1196] : Charte du comte Geoffroy II de Portien par laquelle il concède à l'abbaye de Laval-Dieu tous les droits qu'il avait à Monthermé. Pierre de Montcornet est cité comme témoin.

    > AdA, H 241, original (latin)

    >> G. ROBERT, pièce 7

 

  • 1186/87 : Charte-notice de Hugues, prévôt, Raoul, doyen, Thomas, chantre, et autres chanoines de l'Eglise de Reims qui atteste de la concession à l'abbaye de Signy par Pierre de Montcornet , sur le point de partir à saint-Jacques de Compostelle, d'une rente de 10 sous de Châlons à prendre annuellement sur ses revenus de Sécheval, ainsi que les aisances sur toute sa terre, en association avec son fils Hugues et en accord avec ses neveux Guillaume, Guy, Pierre, Rigaud et ses filles. Pierre de Montcornet apparaît aussi comme présent et témoin lors de plusieurs donations, notamment celle des aisances de sa terre par son frère Nicolas d'Haudrecy.

> AdA, H 203, acte CXVIII

>> F. CANUT, volume 2, pièce 124 (non transcrit)

 

  • 1188 : Charte-notice du comte Louis III de Chiny au sujet d'un accord conclu entre l'abbaye d'Orval et Engon de La Ferté ; Pierre de Montcornet, chevalier, est cité comme témoin. Approbation de cet accord par Nicolas de Montcornet et sa fille Richolde, nièce d'Engon, en présence de Pierre de Montcornet et de son fils Hugues.   

    >> H.GOFFINET, « Cartulaire de l'Abbaye d'Orval... » pièce 44

     

    • 1202/03 : Confirmation par Hugues, sire de Montcornet, du don des aisances de toute sa terre faite à l'abbaye de Signy par Nicolas d'Haudrecy, son oncle, par la main de son père Pierre de Châtillon (sic, du Châtelet) et la sienne en tant que suzerains, et avec l'assentiment de la famille dudit Nicolas, Ermengarde son épouse, Robert son fils et ses autres enfants.

      > AdA, H 203, acte DXV

      >> F. CANUT, volume 3, p.828 (transcription)

     

    • 1203 (février, nouveau style) : Charte-notice de Nicolas, sire de Rumigny, attestant des réparations accordées au chapitre de Reims qu'il avait spolié dans ses biens et ses droits. Garantie de plusieurs chevaliers, dont Hugues de Montcornet ;

      >> P. VARIN, « Archives administratives de la ville de Reims ... », tome I, 2ème partie, p.450-451

     

    • 1203/04: Charte-notice de Hugues, sire de Montcornet, qui atteste que son père Pierre a cédé à l'abbaye de Saint-Nicaise de Reims les 2/9° de la dîme du Châtelet et d'autres biens. Lui-même concède avec son père à l'église de Ham 18 sous de cens, monnaie de Reims, pour l'entretien de deux lampes, l'une pour sa défunte épouse Béatrice, l'autre pour son aïeul Guillaume, avec l'approbation de son épouse Iolande et de ses enfants.

      > B.M. de Reims, ms. 1843, cartulaire de l'abbaye de Saint-Nicaise de Reims, acte CLXXXIIII

     

    • 1205/06 : Charte-notice de Guy, sire de Sery, portant sur l'accord conclu entre lui et Gilles, abbé de Signy, au sujet d'aumônes de son père au monastère, grâce à l'arbitrage de Guy, abbé de Chéhéry, de Gilles d'Orchimont, moine de Signy, de Renaud de Donchery, châtelain de Mézières, et de Hugues, sire de Montcornet.

      > AdA, H 203, acte CCLXXXIII

      >> F.CANUT, volume 3, p.625-628 (transcription)

     

    • vers 1205/06 : Approbation de l'acte précédent par Ide, épouse de Guy, sire de Sery. Mention de Hugues, sire de Montcornet, parmi les arbitres.

      > AdA, H 203, acte CCLXXXIV

    >> F.CANUT, volume 3, p.629 (transcription)

     

    • 1206/07 : Concession par Hugues, sire de Montcornet et du Châtelet, aux frères de Signy de la rente qui lui est due sur le pré qu'ils ont acheté à Hubert Lokerel, entre l'ardoisière et le moulin du Châtelet, avec l'assentiment de son fils Gilles.

      > AdA, H 203, acte DXVI

      >> F.CANUT, volume 3, p.828 (transcription)

     

    • 1207/08 : Concession par Hugues, sire de Montcornet et du Châtelet, à l'abbaye de Signy, avec l'assentiment de ses fils Gilles et Pierre, d'une route pour se rendre à sa maison de Rimogne, dans la terre que lui a donnée Gérard et ses ayants-droits. Il accorde aussi au monastère sa protection et l'exemption du droit de passage dans sa seigneurie, ainsi que la destruction de l'ancienne route afin que, l'accès y étant interdit aux gens du siècle, la règle cistercienne puisse y être respectée.

      >AdA, H 203, acte DXVII

      >> F.CANUT, volume 3, p.829 (transcription)

     

     

     

     

 

(à suivre) 

Par Pascal Sabourin - Publié dans : Dossier spécial - Montcornet en Ardenne - Communauté : Le Moyen Age
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 18:22

 

« La femme d'un de ces Montcornet était infidèle. Elle a été surprise par le seigneur; il a tué son amant et, elle, il l'a emmurée, là, près de la grande salle. On a deux endroits nettement murés. Un jour, on va les démurer et si on retrouve la femme du seigneur de Montcornet ... »

 

Ces propos, transcrits par Patrick Reumaux (1), l'Abbé Bernard Lussigny les tenait à André Dhôtel alors que l'écrivain venait lui rendre visite, il y a trente ans. Le squelette de la malheureuse n'a bien sûr jamais été retrouvée. Mais je crois que cette anecdote constitue ici une belle entrée en matière .

 

L'Abbé Bernard Lussigny a définitivement abandonné son « Mont Cornu » le 2 décembre dernier. Pour celles et ceux qui ont la chance de le côtoyer, c'était un personnage inoubliable.

 

Je me souviens de ma première rencontre. J'étais alors élève du Lycée Chanzy de Charleville-Mézières; notre professeur d'Histoire-Géographie, Michel Lefèvre, lui aussi un « grand Monsieur » qui s'en est allé peu de temps après l'Abbé Lussigny, l'avait invité à venir nous parler de Montcornet; son allure décontractée, col roulé et pipe aux lèvres, ses propos passionnés et iconoclastes, son contact facile marquèrent profondément les jeunes lycéens que nous étions alors.

 

Et les jeunes furent largement au coeur de l'action et des préoccupations de l'Abbé Lussigny. Il était né le 3 février 1921 dans une grande famille valenciennoise. « De sa jeune enfance, il laisse le souvenir d'un enfant créatif, surnommé "l'incendiaire" », note l'un de ses proches collaborateurs, Pierre Blanquart, Président de l'Association des Amis du Château de Montcornet, qui a eu la gentillesse de me transmettre de précieux éléments biographiques.

Après des études secondaires achevées au collège des Carmes d'Avon (Seine et Marne), il entra au séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Il effectua son service militaire à Dellys, en Algérie, où il fonda une maternité (2). Réfractaire au STO, il revint au collège d'Avon comme professeur de Français, à l'automne 1943, où il fut confronté à la traque des élèves juifs, un épisode douloureux qui a été repris dans le film de Louis Malle « Au revoir, les enfants »; il échappa de peu à l'arrestation par la Gestapo, alors que le supérieur de l'établissement, le Père Jacques, était déporté à Mauthausen.

La guerre terminée, il put achever sa formation au séminaire de Cambrai, où il reçut l'ordination sacerdotale en juin 1949. Il poursuivit sa carrière de professeur de français dans plusieurs lycées catholiques du Nord, jusqu'à sa retraite en 1991. Passionné par l'oeuvre de Saint-Exupéry, ce n'est certainement pas un hasard s'il chercha à plusieurs reprises à apprivoiser un renard. Vicaire à Trélon, il s'y illustra par son engagement social en faveur des plus démunis et y créa le « Cercle des Jeunes » de la ville, lieu de rencontre et de partage (3). Certains de ces jeunes allaient partager sa passion de l'archéologie et devenir les pionniers de l'aventure de Montcornet.

 

Pour beaucoup, ardennais ou non, l'Abbé Lussigny restera en effet le « châtelain de Montcornet ». Il commença à y travailler en 1959; deux ans plus tard, il faisait l'acquisition des ruines de la forteresse auprès de la comtesse de Caumont-La Force, fille du marquis de Chabrillan et prétendante au trône de Monaco... Des groupes de jeunes se succédèrent pendant quasiment demi-siècle, débroussaillant les ruines, vidant les salles basses qui avaient été délibérément comblées au XVIII° siècle, consolidant les murs, encadrés par des bénévoles locaux de grande valeur. L'Abbé parvint même à obtenir l'intervention des sapeurs du 3° régiment du Génie de Charleville-Mézières qui dégagèrent le flanc oriental de la basse-cour.

Plusieurs prix récompensèrent l'oeuvre accomplie; l'Abbé fut en particulier honoré par la Société d'Etudes Ardennaises au début des années 1970 « au titre de la recherche archéologique et de la sauvegarde des monuments »

En parallèle, Montcornet devint un lieu de rendez-vous culturel et festif qui attira un public nombreux, de la mémorable « Partie de campagne , pique-nique costumé avec animation poétique et musicale » de mai 1982 organisée avec la complicité de Michel Lefèvre, à la réception officielle du duc Charles-Emmanuel de Croy 7 ans plus tard, ou, plus récemment aux « Journées Michelet ».

 

J'ai eu l'occasion de travailler pendant plusieurs années avec l'Abbé Bernard Lussigny. Tout d'abord dans le cadre de mon mémoire de maîtrise: la rigueur volontiers intégriste du jeune étudiant que j'étais se frottait alors à la sympathique fantaisie du maître des lieux, qui m'abandonna en toute confiance les murs de la forteresse et m'apporta toute l'aide nécessaire; le tout agrémenté d'épiques virées en voitures de sport (notamment une Triumph TR 7) qui nous conduisirent au Châtelet-sur-Sormonne, revendiqué haut et fort comme fief de Montcornet, ou encore à la chapelle de l'abbaye des Mazures où reposait la dernière représentante du premier lignage seigneurial morte en 1305, une dame dont on aurait bien voulu ramener la dépouille et la pierre tumulaire au château … Au début de ma carrière d'enseignant, il m'accorda l'autorisation d'amener à la forteresse des lycéens et lycéennes de Saint-Rémi - ceux-ci réalisèrent en particulier un inventaire systématique de toutes les meurtrières.

Mais l'Abbé Lussigny n'était ni archéologue, ni historien. Et ses qualités humaines exceptionnelles ne lui permirent pas d'éviter les foudres du service archéologique régional qui finit par stopper toute opération de fouilles...

 

Malgré ces péripéties, en juin 2006, un hommage solennel lui fut rendu par les autorités préfectorales, départementales et communales, juste récompense d'une oeuvre considérable accomplie au service de Montcornet (dont il siégea longtemps au conseil municipal et où il célébrait l'office tous les dimanches) , mais aussi des Ardennes.

 

Aujourd'hui, l'association « Les Amis de Montcornet » s'est donnée pour tâche de continuer

le travail de ce prêtre-châtelain si singulier dont le départ laissa assurément un grand vide.


bernardlussigny02.png

 

 

 

  1. « André Dhôtel – Terres de Mémoires », Jean-Pierre Delarge éditeur, 1979, p. 109.

  2. Six décennies plus tard, il laissait encore à Dellys un souvenir ému comme en témoigne un forum local ( http://dellys.superforum.fr/actualites-f2/bernard-lussigny-fete-ses-60-ans-de-pretrise-t2356.htm) qui annonça la nouvelle de son décès.

  3. Se reporter au blog http://chrisnord.sportblog.fr/783845/L-Abb-Bernard-Lussigny-nous-a-quitt/

 

 

Par Pascal Sabourin - Publié dans : Dossier spécial - Montcornet en Ardenne - Communauté : Le Moyen Age
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 18:06

 

Mentions anciennes:

 

  • Aveu et dénombrement de Jacques de Lor (1ère moitié du XV° siècle): « la maison de Wartigny, les fossez entour, les jardins et les viviers devant ladite maison »

  • Aveu et dénombrement de 1459:  Gaucher de Lor tient « sa forte maison et forteresse dudit Wartigny, les fossez d'entour, les jardins et les viviers d'environ ladicte maison... »

 

Album de Croy:

 

Wartigny.jpg

 

(planche 132 de l'édition DUVOSQUEL)

 

Rapport d'Harmois:

 

« « L'entrée principale de ce château, à l'exposition du nord, était fermée par un pont-levis, défendu par une meurtrière à laquelle on communique au corps de garde pratiqué au-dessus de l'entrée. Il faut que le couronnement de cette porte soit démoli, de sorte que le comble n'excède point ceux des bâtiments tant de droite que de gauche. Dans celui de droite sont 3 places à rez-de-chaussée; une seule de ces places à rez-de-chaussée est éclairée sur le fossé. Toutes les autres le sont sur la cour. Un seul escalier à vis, pratiqué dans une petite tourelle, et adossé au mur de face sur la cour, exploite les pièces du 1er étage. Ce ci-devant château, dégagé des objets ci-dessus et ci-après énoncés, ne doit plus être considéré que comme ferme, et cette tourelle se trouve hors-la-loi. En retour du côté du couchant, est une écurie avec grange au bout et grenier au-dessus; il y a aux 2 angles de cette aile 2 meurtrières qu'il faut démolir. A gauche de ladite entrée sont 2 autres places, savoir:une au rez-de-chaussée et l'autre au 1er étage, à laquelle on communique par une échelle seulement, mais qui, au moyen du comble que l'on pratiquerait au-dessus de la porte et d'une porte de communication dans le pignon faisant mur de retour avec l'entrée, pourrait être exploitée par le même escalier que les places de droite. Il y a à l'angle, du côté du levant, une meurtrière double qu'il faut démolir. L'aile gauche de la cour est en partie démolie. Au pourtour dudit château est un fossé très-large, mais peu profond auquel on communique du terre-plein par une petite pente. D'après cette considération, je conclus que ce fossé ne peut nuire en rien, vu que les eaux débordent, ce qui arrive pour le moins une fois l'année, elles y déposent chaque fois environ 6 pouces de terre qui en peu de temps le combleront en défendant toutefois qu'il soit recreusé. Les créneaux et canardières qui se trouveront dans ledit château seront bouchés de même que ceux ci-dessus. »

 

Commentaire

 

De nos jours, la maison-forte de Wartigny est la mieux conservée de l'ancienne châtellenie de Montcornet; la tour d'entrée a été rasée, sans doute à la suite des recommandations d'Harmois; les flancs ouest et sud, aveugles à l'origine, ont été percés de baies à l'époque moderne; aux angles SE et SO apparaissent les corbeaux qui supportaient les échauguettes; les fossés sont comblés; des aménagements y ont été apportés aux siècles suivants, notamment la tourelle d'escalier et les fenêtres.

Dans sa physionomie générale, elle peut remonter au milieu du XV° siècle, moment où Gaucher de Lor, dont la maison-forte de Sécheval venait d'être ruinée, fortifia la demeure seigneuriale de Wartigny; à l'époque de son prédécesseur, si l'on se réfère au texte de l'aveu et dénombrement de ce dernier, il ne s'agissait sans doute que d'une simple bâtisse perchée sur une plate-forme fossoyée.

Une vue aérienne donne une bonne vue d'ensemble du site .

 

photo-aerienne-Wartigny-modif-rectifiee.jpg

                                                                            (Etat de 1982. Photo: P.S.)

 

Par Pascal Sabourin - Publié dans : Dossier spécial - Montcornet en Ardenne - Communauté : Le Moyen Age
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 18:03

 

Mentions anciennes:

 

  • Aveu et dénombrement de Jacques de Lor (1ère moitié du XV° siècle): « nostre maison de Secheval, les fossez, les jardins, les bouveries ... »

  • Aveu et dénombrement de 1459:  « la place, enclox et pourprins de la forte maison de Secheval, qui de present est en ruines, les fossez, les jardins ... »

  • Aveu et dénombrement de 1534: «  Jehan de Lor, prestre, licencié en droict, chanoyne de Reims, de Liège et de Laon, sire dudit Lor et de Wartigny » tient « la maison de Secheval, les fossés, les jardins, bouveryes, les terres et les appartenances en la dite maison, laquelle maison, bouveryes et tous aultres appartenances a icelle sont en ruyne passé plus de cinquante ans » (folio 24 verso)

 

Album de Croy:

 

La peinture d'Adrien de Montigny consacrée à Ste Cheval(sic) ne comporte aucune représentation de la maison-forte, même en ruines (planche 129 de l'édition DUVOSQUEL)

 

Rapport d'Harmois:

 

« Je n'ai rien trouvé dans cette commune qui soit hors la loi »

 

 

Commentaire:

 

La maison-forte des sires de Lor ne s'était manifestement pas relevée des destructions du milieu du XV° siècle, ce qui explique le silence de la documentation à son sujet. Il est d'ailleurs significatif qu'au XVI° siècle le coeur du fief avait migré à Wartigny.

Quant à son emplacement, il doit certainement se situer au lieu-dit « La Cour », un vaste espace dégagé bien visible sur le cadastre de 1842.

 

 

Secheval-La-Cour-cadastre-1842.jpg

Par Pascal Sabourin - Publié dans : Dossier spécial - Montcornet en Ardenne - Communauté : Le Moyen Age
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 17:58

 

Mentions anciennes:

 

  • 8 mai 1352: monseigneur Raoul de Lonny, chevalier, tient la « forte maison » (Médiathèque de Sedan, Fonds de Gourjault, , n°109, dossier 15)

  •  

  • Aveu et dénombrement de 1459:  « La forteresse, les fossez et les viviers d'entour icelle forteresse … item, les bouveries et les jardins et les curtilz qui sont entour ladicte forteresse. »

     

 

Album de Croy:

 

Lonny.jpg

                                                          (Planche 117 de l'édition DUVOSQUEL)

 

Rapport d'Harmois:

 

« Au ci-devant château de Lonny, appartenant au citoyen Billaudel, sont compris dans la loi, pour la démolition, deux pavillons exposés au couchant et un autre au midi, lesquels indiquent par leur construction l'ancien régime. Entre les 2 pavillons, à l'exposition du couchant est la porte d'entrée, laquelle est crênelée en plusieurs endroits, fermée ci-devant par un pont-levis, et l'entrée est défendue par une meurtrière. Il faut que le comble du couronnement de cette porte n'excède point ceux de gauche et de droite, et pour cela qu'il soit démoli au-dessus de la corniche. Au pourtour dudit château est un fossé assez profond, revêtu en maçonnerie et sa contrescarpe et chemin de ronde, revêtus idem à l'escarpe. Il faut que ce fossé soit comblé à la hauteur du terre-plein. Les créneaux et canonnières qui se trouveront pratiqués dans le pourtour dudit château seront bouchées de la manière indiquée plus haut  [voir la notice consacrée à Haudrecy] »

 

Commentaire:

 

La peinture d'Adrien de Montigny montre deux édifices: un grand château et, à l'ouest, une petite maison-forte délabrée.

C'est le premier qui retient notre attention. Adrien de Montigny a représenté un ensemble relativement complexe qui peut se réduire dans ses grandes lignes à un quadrilatère à cour intérieure, flanqué au moins de trois tours d'angle circulaires; l'entrée s'ouvre sous une tour quadrangulaire installée au milieu d'une courtine, selon une formule déjà rencontrée;le ruisseau local, l'Ormeau, alimente des douves particulièrement soignées, avec escarpe et contre-escarpe maçonnées. Il s'agit assurément de la forteresse de 1459 qui se trouvait au coeur d'un petit complexe castral encore bien visible sur un plan cadastral de 1811 où figure par exemple « La Grande Bouverie ». Jules-César Bernier, qui en fit l'acquisition en 1578 et obtint l'érection de la terre en comté, la restaura probablement.

 

Lonny-chateau-1811.jpg

 

Il subsiste encore une partie des courtines septentrionales et méridionales, privées de leurs tours d'angle sans doute détruites à la suite des instructions d'Harmois. D'après Jean-Baptiste LEPINE, puis Dom Albert Noël (*), il existait un donjon déjà ruiné en 1695 et une chapelle castrale, démolie en 1785.

 

Se pose maintenant la question de l'identification du second édifice. Harmois n'y fait aucune allusion; il faut donc supposer qu'au moment de sa visite il avait perdu tout caractère défensif. Il s'agit assurément d'une construction postérieure à l'aveu de 1459, dont on peut encore retrouver trace dans l'actuel « château », édifié à son emplacement.

 

(*) Dom Albert Noël, Notice historique sur le canton de Renwez, Reims, 1884

 

Par Pascal Sabourin - Publié dans : Dossier spécial - Montcornet en Ardenne - Communauté : Le Moyen Age
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