Les maisons seigneuriales fortifiées de la châtellenie de Montcornet - LONNY

Publié le par Pascal Sabourin

 

Mentions anciennes:

 

  • 8 mai 1352: monseigneur Raoul de Lonny, chevalier, tient la « forte maison » (Médiathèque de Sedan, Fonds de Gourjault, , n°109, dossier 15)

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  • Aveu et dénombrement de 1459:  « La forteresse, les fossez et les viviers d'entour icelle forteresse … item, les bouveries et les jardins et les curtilz qui sont entour ladicte forteresse. »

     

 

Album de Croy:

 

Lonny.jpg

                                                          (Planche 117 de l'édition DUVOSQUEL)

 

Rapport d'Harmois:

 

« Au ci-devant château de Lonny, appartenant au citoyen Billaudel, sont compris dans la loi, pour la démolition, deux pavillons exposés au couchant et un autre au midi, lesquels indiquent par leur construction l'ancien régime. Entre les 2 pavillons, à l'exposition du couchant est la porte d'entrée, laquelle est crênelée en plusieurs endroits, fermée ci-devant par un pont-levis, et l'entrée est défendue par une meurtrière. Il faut que le comble du couronnement de cette porte n'excède point ceux de gauche et de droite, et pour cela qu'il soit démoli au-dessus de la corniche. Au pourtour dudit château est un fossé assez profond, revêtu en maçonnerie et sa contrescarpe et chemin de ronde, revêtus idem à l'escarpe. Il faut que ce fossé soit comblé à la hauteur du terre-plein. Les créneaux et canonnières qui se trouveront pratiqués dans le pourtour dudit château seront bouchées de la manière indiquée plus haut  [voir la notice consacrée à Haudrecy] »

 

Commentaire:

 

La peinture d'Adrien de Montigny montre deux édifices: un grand château et, à l'ouest, une petite maison-forte délabrée.

C'est le premier qui retient notre attention. Adrien de Montigny a représenté un ensemble relativement complexe qui peut se réduire dans ses grandes lignes à un quadrilatère à cour intérieure, flanqué au moins de trois tours d'angle circulaires; l'entrée s'ouvre sous une tour quadrangulaire installée au milieu d'une courtine, selon une formule déjà rencontrée;le ruisseau local, l'Ormeau, alimente des douves particulièrement soignées, avec escarpe et contre-escarpe maçonnées. Il s'agit assurément de la forteresse de 1459 qui se trouvait au coeur d'un petit complexe castral encore bien visible sur un plan cadastral de 1811 où figure par exemple « La Grande Bouverie ». Jules-César Bernier, qui en fit l'acquisition en 1578 et obtint l'érection de la terre en comté, la restaura probablement.

 

Lonny-chateau-1811.jpg

 

Il subsiste encore une partie des courtines septentrionales et méridionales, privées de leurs tours d'angle sans doute détruites à la suite des instructions d'Harmois. D'après Jean-Baptiste LEPINE, puis Dom Albert Noël (*), il existait un donjon déjà ruiné en 1695 et une chapelle castrale, démolie en 1785.

 

Se pose maintenant la question de l'identification du second édifice. Harmois n'y fait aucune allusion; il faut donc supposer qu'au moment de sa visite il avait perdu tout caractère défensif. Il s'agit assurément d'une construction postérieure à l'aveu de 1459, dont on peut encore retrouver trace dans l'actuel « château », édifié à son emplacement.

 

(*) Dom Albert Noël, Notice historique sur le canton de Renwez, Reims, 1884

 

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Michèle 21/07/2013 20:04

Merci pour ce blog vraiment passionnant, étant une inconditionnelle de cette époque !!