Les maisons seigneuriales fortifiées de la châtellenie de Montcornet- HARCY

Publié le par Pascal Sabourin

 

 

Mentions anciennes:

 

  • 8 mai 1352: mention de la « forte maison, les fossés , la basse-cour, les fours, les bouveries et édifices au-dessus des fours... » (Médiathèque de Sedan, Fonds de Gourjault, , n°109, dossier 15)

  • 29 mai 1405: Raoul de Flandre, sire de Lonny et Harcy, tient « le chastel et forte maison dudit Harcy, les fossés à yauwe estans autour des murs dudit chastel et, forte maison, ensemble le coulombier estans es dis fossés ... » (Fonds de Gourjault, n° 95, carton II, liasse H, n°4)

  • Aveu et dénombrement de 1459: «  les bouveries et basse court estans devant la forteresse dudit Harcys, les jardins, ung vivier, ung sauvoir, la cave et les fossez a mettre poisson estans devant ladicte forteresse. »

  • 21 avril 1622 (aveu de Charles de Gonzague):  mention d'un « vieux château fermé de fossés réduits en prés » (Archives du Palais de Monaco, T 680)

 

 

Album de Croy:

 

 

Copie-de-PL-119---La-Baronny-de-Harchy.JPG

 

(planche 119 de l'édition DUVOSQUEL)

 

 

Rapport d'Harmois:

 

« Entre cette commune[Harcy] et Rimogne, il existe dans les prés, à peu de distance de la route, des vestiges d'un vieux château qui n'est élevé du sol que d'environ 5 à 6 pieds et tombant même en ruine. Il faut que ce soubassement soit entièrement rasé, vu qu'il occupe une très grande place qui n'est d'aucun rapport, et qui indique par sa forme, quoiqu'en vétusté, les signes de l'ancien régime féodal. »

 

 

 

Commentaire:

 

Les différents documents sont en concordance, et leur interprétation en est facilitée. Il s'agit d'une forteresse assez ancienne (1ère moitié du XIV° siècle). Ses vestiges s'élèvent encore à 300 m. à l'ouest du village, dans une zone marécageuse. Ils forment un quadrilatère qui mesure 45 m. (côté ouest) x 38 (côtés sud et est) x 34 (côté nord) selon les relevés de P. Calvoz.

 

D'après mes propres observations sur le terrain réalisées en 1978, l'édifice semble avoir été fidèlement représenté par le peintre Adrien de Montigny. Le quadrilatère fortifié est en effet flanqué de quatre tours d'angle circulaires, seulement conservées au sud.ouest et sud-est . En outre, la courtine orientale s'interrompt en son milieu et effectue un retour à angle droit vers l'intérieur, sur une longueur maximale repérée de 5,45 m., ce qui délimite un passage large de 4,70 m. environ: il s'agit ici de la porte, percée face au village; il ne subsiste aucune trace de la tour qui la surmontait, mais les dispositions d'ensemble laissent à penser qu'elle affectait un tracé quadrangulaire; installée à cheval sur la muraille, elle débordait largement vers l'intérieur et délimitait un couloir d'entrée.

L'épaisseur des courtines varie très approximativement de 1,40 m. à 1,90 m. L'appareil utilisé présente une certaine hétérogénéité: la face interne du mur septentrional offre un bel assemblage de moëllons d'une dizaine de centimètres de large et de 20 à 30 cms de long; la face externe du flanc opposé comporte, au contraire, par endroit des blocs atteignant jusqu'à 50 cms de long; je n'ai cependant constaté aucune reprise notable, si ce n'est dans le flanc nord où la muraille a été renforcée, sur toute sa longueur semble-t-il, par l'adjonction d'un nouveau parement à la maçonnerie déjà existante.

La défense du château était assurée, dans sa dernière phase d'occupation, par des canonnières. Sur le flanc méridional, j'en ai dénombré au moins sept: trois dans la tour du SE, trois dans la courtine, et une dans la tour du SO, qui, à l'origine, devait également en compter trois. Dans la moitié sud de la courtine orientale, trois ont été repérées; leurs tirs se croisaient. Ces canonnières, ouvertes dans la moitié inférieure des murailles afin de battre les fossés, semblent contemporaines du gros oeuvre; elles ne comportent pas de niches de tir et se limitent uniquement aux bouches à feu; il ne s'agit manifestement pas d'archères anciennes réadaptées à l'usage de la couleuvrine et elles paraissent difficilement antérieures au milieu du XV° siècle.

 

La forteresse d'Harcy apparaît comme un édifice secondaire d'une réelle importance, dont les structures anciennes ont sans doute été modernisées par le percement de canonnières. Ce qui en subsiste aujourd'hui ne permet guère d'aller au-delà de cette analyse sommaire sans une étude archéologique du site.

 

 

photo-aerienne-Harcy-modif-rectifiee.jpg

 

Vue aérienne (état de 1982 – Photo P.S.)

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