Les maisons seigneuriales fortifiées de la châtellenie de Montcornet - HAUDRECY

Publié le par Pascal Sabourin

 

 

 

Mentions anciennes:

 

  • Aveu et dénombrement de 1459: « la forte maison de Haudrecy, ensemble les fossez, les jardins et tout le pourprins ... »

 

  • Aveu et dénombrement de 1534: Jean d'Arras, écuyer, tient de Charles de Croy « la forte maison de Haudrecys, les fossés qui sont alentours avecques les jardins qui sont tenans et appartenans a ladite maison » (folio 29 verso)

     

 

 

 

Album de Croy:

 

Haudrecy

 

(planche 113 de l'édition DUVOSQUEL)

 

 

Rapport d'Harmois

 

« Le ci-devant château de cette commune est flanquée de 4 tours; l'entrée du côté du sud étant défendue par un pont-levis, quoique détruit, est encore susceptible d'être rétablie au moyen du pont seulement, car il existe encore, dans le couronnement au-dessus de la porte, les niches propres à loger les flèches; à gauche et à droite de ladite porte, et en retour d'est et d'ouest, sont des fossés pleins d'eau. L 'essentiel du côté du nord est arrosée par la rivière de Sormonne, qui, jointe à celle de Thin qui se jette dedans, devient assez forte, mais qui ne pourra nuire en rien lorsque le château sera dégagé des objets ci-après détaillées, savoir: la démolition des tours comme étant comprises dans la loi, denicher et combler les fossés, et démolir le couronnement de la porte d'entrée du côté sud, boucher les créneaux et canardières qui sont pratiqués dans les murs dudit château de la manière suivante: les unes au droit des canardières, et les créneaux seront démolis dans la hauteur d'environ 2 pieds carrés, et seront ensuite repris de toute leur épaisseur. Les propriétaires dudit château sont les citoyens Nicolas Valeur, Jean-Nicolas Rousseau, Jean-Baptiste Petit et Pierre Parmentier, lesquels ont en partie acheté pour la démolition. »

 

Commentaire

 

Haudrecy fut la première terre détachée de la seigneurie de Montcornet en faveur de Nicolas, frère cadet du sire Hugues II, au tournant des XII° et XIII° siècles. Un lignage particulier s'y développa, et il dût tout logiquement posséder sa propre résidence fortifiée. Comme sur d'autres sites de la même époque, au Châtelet-sur-Sormonne, par exemple, tenu par les Montcornet, il s'agissait probablement d'un bâtiment sur motte. Et fort logiquement, ce premier château devait s'élever à la confluence de la Sormonne et du ruisseau de Thin. Si l'observation sur le terrain ne paraît ici d'aucun secours, la consultation du cadastre ancien, en revanche, en apporte sans doute confirmation puisqu'on y découvre un petit espace coincé à la confluence des eux cours d'eau et détaché du reste de l'interfluve par ce qui ressemble à un fossé, et qui porte très explicitement le nom « L'Ileau » sur le cadastre de 1812.

 

Cadastre-Haudrecy-Nambureau-Confluence-1812.jpg

 

 

Qu'en était-il en 1459 ? La forte maison occupait sans doute cet îlot artificiel, ce pourprins si caractéristique des petites maisons fortes de l'époque, et à l'ouest duquel devaient s'étendre les jardins. L'imposant édifice représenté par Adrien de Montigny et décrit par Harmois me paraît être une construction postérieure, peut-être greffé au moated site primitif, en tout cas développé là où se trouvaient les jardins de 1459. Les consignes du commissaire révolutionnaire furent en tout cas appliquées et le château d'Haudrecy disparut à cette époque; le cadastre de 1806 en porte encore implicitement le (tout récent) souvenir puisque son emplacement probable reçut le nom éloquent de « place publique », forme d'exorcisme lexical du symbole seigneurial de l'ancien régime abattu.

 

 

Cadastre-Haudrecy-1806-Confluence-modifie.jpg 

  Rectangle rouge : Emplacement supposé du premier château et de la forte maison de 1459 

 

  Ovale noir         :Emplacement probable du château détruit à la Révolution

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article